03.08.2007

Marcus Miller



Une seule fois je me permets de mettre de la musique sur ce blog...Et pas n'importe qui : Marcus Miller, un de mes bassistes préférés.Du bonheur de bout en bout!

Extrait de son dernier album "free", la chanson s'appelle " Blast"

Enjoy!

Baudrillard

Je mets ce texte un peu en retard mais c'était un philosophe que j'aimais beaucoup...

Jean Baudrillard, sociologue et philosophe, est mort
LE MONDE | 07.03.07 | 10h18 • Mis à jour le 07.03.07 | 10h18







e sociologue et philosophe Jean Baudrillard est mort, mardi 6 mars, à Paris, des suites d'une longue maladie. Il était âgé de 77 ans. Né le 20 juillet 1929 à Reims (Marne), Jean Baudrillard devient professeur d'allemand dans l'enseignement secondaire, après des études d'allemand à la Sorbonne, en même temps qu'il fait ses débuts comme critique littéraire. Sa première publication est une traduction (en collaboration avec Gilbert Badia) des Dialogues d'exilés de Bertolt Brecht. Au début des années 1960, il traduit des textes de Marx et d'Engels (pour les Editions sociales) ainsi que plusieurs livres de l'écrivain allemand Peter Weiss (dont le fameux Marat/Sade).



Parallèlement, il reprend des études supérieures, cette fois en philosophie, et soutient, en 1966, sous la direction d'Henri Lefebvre, une thèse intitulée Le Système des objets (Gallimard, 1968). Ce travail marque l'entrée de Baudrillard sur la scène de la recherche sociologique. On y décèle à la fois des centres d'intérêt nouveaux (la vie des "signes", destinés par les lois du capitalisme à être "consommés" de plus en plus rapidement) et un ton de voix original, parfois incantatoire, souvent décapant.

La suite de la carrière de Baudrillard se déroule d'abord à l'université Paris-X (Nanterre), où il devient professeur, en 1972, puis à l'Institut de recherche sur l'innovation sociale du CNRS et finalement (à partir de 1986) à l'Institut de recherche et d'information socio-économique de l'université Paris-IX (Dauphine), où il est directeur scientifique. Mais c'est surtout la publication de Pour une critique de l'économie politique du signe (Gallimard, 1972) qui fait de lui une figure majeure de la vie intellectuelle, en France et à l'étranger.

Observateur impitoyable de la société de consommation et, dans la lignée de Lefebvre, de la "vie quotidienne" des pays industrialisés, Baudrillard n'entend pourtant se placer ni dans le sillage du marxisme orthodoxe ni dans celui de l'Ecole de Francfort. Opposé au stalinisme, il est aussi méfiant à l'égard du trotskisme et du maoïsme. Pour lui, les idéologies, comme les modes, se réduisent à des systèmes de signes. Et les signes, quels qu'ils soient, ne sont jamais que des simulacres. En système capitaliste, ceux-ci circulent indéfiniment jusqu'à ce qu'ils soient totalement démonétisés. Nous sommes donc condamnés à manquer l'essence ultime de la réalité. Du reste, celle-ci n'existe pas, et tout ce sur quoi nous prétendrions fonder une nouvelle politique ou une nouvelle théorie du social n'est qu'illusion.

La pensée de Baudrillard, assez proche du situationnisme de Guy Debord, est donc une pensée radicalement pessimiste, voire nihiliste. Rien d'étonnant, dans ces conditions, si elle a traversé le mouvement de mai 68 sans s'y attacher vraiment. Ni si elle a refusé, par la suite, de voler au secours d'un parti politique, quel qu'il soit.

Ce n'est pas dire pour autant que Baudrillard soit apolitique. Bien au contraire, chacun de ses textes – et il ne cesse de publier – contribue à cette critique des idéologies dominantes dont il fait son sport de prédilection.

LE GOÛT DU PARADOXE


Elle est parfois percutante : Le Miroir de la production ou l'illusion critique du matérialisme historique (Casterman, 1973), L'Echange symbolique et la mort (Gallimard, 1976) et De la séduction (Galilée, 1979), par exemple, sont des livres stimulants, qu'on peut encore relire avec profit. En revanche, L'Effet Beaubourg et Oublier Foucault (parus en 1977) paraissent davantage rédigés sous l'empire des circonstances. Ils signalent la naissance d'un Baudrillard polémiste engagé dans l'actualité – ainsi que son passage définitif chez l'éditeur Galilée auquel il va donner plus de vingt livres, souvent marqués eux aussi par une volonté de provocation. Les décennies 1980 et 1990 correspondent à l'apogée de sa réputation internationale. Brillant causeur à l'aise dans toutes les situations, Baudrillard sillonne alors le monde de colloque en colloque et d'université en université, donnant des conférences et accordant des entretiens avec générosité.

Ses articles dans la presse et ses textes d'humeur repris dans Cool Memories (il y en aura cinq volumes de 1987 à 2005) lui attirent des lecteurs, bien au-delà du public spécialisé. Le goût du paradoxe le conduit à publier, en 1991, La Guerre du Golfe n'a pas eu lieu – pamphlet qui, sous prétexte de dénoncer ce "simulacre" de guerre soigneusement orchestré par les médias audiovisuels qu'aurait été selon lui la guerre du Koweït, annonce le basculement de Baudrillard dans une version populiste et schématique, d'antiaméricanisme. Au lendemain des attaques du 11-Septembre, Baudrillard publie, dans Le Monde d'abord (3 novembre 2001) puis chez Galilée (2002), L'Esprit du terrorisme, suivi peu après d'un recueil d'articles sur le même sujet, Power Inferno. Un ensemble d'écrits caractérisé par l'absence de sympathie pour les victimes de la tragédie et, au plan théorique, une double affirmation : le 11-Septembre aurait constitué un événement dont tout le monde aurait rêvé, parce que chacun rêve de la destruction de la puissance américaine ; et la "vérité" de cet événement serait à jamais insaisissable, comme si des doutes pouvaient (ou devaient) exister sur l'origine islamiste de la destruction des tours jumelles.

Dérive tardive d'un homme qui avait fait de la provocation un ressort de sa pensée ? Quoi qu'il en soit, on n'oubliera pas que Jean Baudrillard fut un actif témoin de son temps. Par la plume mais aussi par la photographie. Il ne se contentait pas de défendre cet art (par ses contributions à des ouvrages de Sophie Calle ou de Luc Delahaye). Il le pratiquait lui-même avec passion, notamment pendant ses innombrables voyages.

De ses propres photos en couleurs de paysages urbains totalement déserts, on retiendra en particulier un choix effectué par lui-même et publié sous un titre qui, en un sens, résume bien sa pensée : Car l'illusion ne s'oppose pas à la réalité (Descartes, 1998). Tandis qu'un Cahier de l'Herne lui était consacré en 2005, il publiait, la même année, plusieurs livres d'entretiens chez Galilée. Jusque dans ses provocations et ses outrances, Baudrillard aura conservé cette passion critique qui donne à penser, y compris contre celui qui vous y invite.

Christian Delacampagne

27.07.2007

Ecole

La baisse du niveau est la recette assurée pour le succès d’un hebdomadaire. En fait, si les élèves d’aujourd’hui ne se souviennent pas de la date de Marignan et font beaucoup de fautes d’orthographe (deux fois plus qu’il y a 20 ans), leurs connaissances ont fait d’énormes progrès en matière de géographie économique, de sciences sociales, ou encore en mathématiques.

Une demande sociale qui a changé Les difficultés d’une partie de la population scolaire, marquée par la montée des violences et la sortie sans diplômes de plus de 100 000 élèves par an, provoque aujourd’hui débat car auparavant ce problème ne se posait pas : Beaucoup d’enfants, aux origines modestes, n’accédaient pas à l’enseignement secondaire, ce qui a changé avec la réforme Berthouin de 1959 qui fixe la scolarité obligatoire à 16 ans. Ensuite, les connaissances et les compétences demandées par la société actuelle ne sont pas les mêmes qu’il y a quelques dizaines d’années. De la maîtrise de l’orthographe, de la répétition et de la mémorisation on est passé à l’argumentation et à l’analyse critique d’un document, de la connaissance par cœur des dates et des préfectures, on est passé à la compréhension du monde actuel et à l’apprentissage du vivre-ensemble.

Massification ne veut pas dire démocratisation ! 15 000 en 1930, 150 000 en 1973, les bacheliers sont 520 000 en 2007, avec plus de 60% d’une classe d’âge, on peut parler d’une certaine démocratisation de l’accès au bac et même à l’enseignement supérieur. Mais aujourd’hui tous les bacs ne sont pas égaux, ne permettent pas le même choix, le même accès aux filières sélectives, et enfin la part des fils de cadres (40%) dans les filières scientifiques des lycées et celle des fils d’ouvriers (26%) dans les filières professionnelles montre que les inégalités sont toujours très fortes et la reproduction sociale, inacceptable, en France. En effet, les fils d’ouvriers représentaient 32% des effectifs de sixième, et les fils de cadres, 12%.

Sortons de l’école élitiste, allons vers une école citoyenne ! Notre école, massifiée et partiellement démocratisée, est toujours une école d’élite qui met de côté progressivement les élèves qui ne correspondent pas aux critères d’une filière générale dite classique qui mène à des études longues. Elle repose sur une évaluation qui stigmatise forcément les plus faibles sans se soucier de noter la progression, sans aucun but d’apprentissage (évaluation sommative et non pas formative). L’école citoyenne que nous devons construire forme les enseignants pour s’adresser à tous les élèves dans leur hétérogénéité et se donne pour objectif d’assurer une sortie qualifiante choisie librement à tous les élèves. Cette école citoyenne n’exclut pas et ne sélectionne pas, elle favorise l’émancipation des élèves au-delà de leurs origines sociales par l’apprentissage de compétences telles que l’analyse critique, et de savoirs et de techniques aptes à assurer leur insertion sociale.