24.06.2007

EDF

5e73e8ae2429e3f93ded3acea4d1c418.jpgEnvoyé par un camarade 
COMMENTAIRES
- la libéralisation du marché est INCOMPATIBLE avec une regulation des prix selon le conseil d'état.
- le marché en déduit à juste titre que les prix vont monter et donc la valeur d'EDF monte. C'est ce qui s'est passé dans TOUS les pays du monde. La promesse d'un prix régulé est un MENSONGE; le conseil a précisé qu'à chaque nouvelle installation (et déménagement), un nouveau contrat à prix "libre" devrait s'appliquer
- On peut supposer que tant que l'état est fortement majoritare (80%), il peut imposer ses prix, cela est possible - mais comme il est possible que les actionnaires minoritaires poursuivent en justice EDF pour fixation des prix incompatible avec la loi Européenne
- il est également possible que la part de l'état baisse, comme par exemple dans le cadre d'une fusion avec une entreprise privée comme cela est actuellement envisagé avec une société écossaise.

La SEULE solution pour éviter une hausse de 50% de l'electricité (qui correspond à un alignement sur le marché mondial) est que l'état reprenne 100% d'EDF

Tout le reste sont des promesses qui ne seront pas tenues au delà de quelques années

Le Conseil constitutionnel envoie l'action EDF à des records
http://www.latribune.fr/info/Le-Conseil-constitutionnel-envoie-l-action-EDF-a-des -records-~-IDF5AB52E3E2CD98E4C1257237003058AC-$Db=Tribune/Articles.nsf

Le titre gagne près de 6% ce matin suite à la décision du Conseil constitutionnel de revenir sur les tarifs réglementés de l'énergie.

En créant hier soir de nouvelles incertitudes sur la fusion Suez - Gaz de France, le conseil constitutionnel a au moins fait un heureux: Electricité de France ou en tout cas, ses actionnaires. L'action EDF, deuxième capitalisation boursière française, s'envolait dans les premiers échanges ce matin, pour s'installer bien au-dessus de ses sommets historiques. Le titre gagnait 5,89% à 50,90 euros dans un marché en hausse de 0,40%. Plus de 84 millions d'euros sur le titre ont changé de mains dans les quinze premières minutes de la séance.

Première explication: la décision du Conseil constitutionnel d'autoriser la privatisation de GDF - condition sine-qua non pour que la fusion entre GDF et Suez ait lieu - après l'élection présidentielle et les législatives seulement, c'est-à-dire à partir du 1er juillet 2007, rend l'opération encore plus hasardeuse. Voilà le sort de Jean-François Cirelli, PDG de GDF, et de Gérard Mestrallet, son homologue chez Suez, dans les mains des Français appelés à voter en avril et mai prochains.

De là à tabler sur une victoire de la gauche qui pourrait revenir sur cette fusion, il n'y a qu'un pas que les marchés ont franchi. En effet, dans ce cas, tout est possible, et pourquoi pas une relance de l'idée d'un mariage EDF - GDF?

Mais l'explication principale réside dans une autre décision du Conseil constitutionnel. Ce dernier a considéré que le maintien des tarifs réglementés, fixés par le gouvernement, était "manifestement incompatible" avec l'ouverture à la concurrence du marché du gaz. Le Conseil s'est érigé contre la possibilité pour les clients passés à la concurrence de revenir à des contrats bénéficiant de tarifs réglementés. Car une telle décision reviendrait à imposer "aux opérateurs historiques du secteur de l'énergie, et à eux seuls, les obligations tarifaires permanentes, générales et étrangères à la poursuite d'objectifs de service public". Si GDF ne doit pas supporter de tels coûts lors de l'ouverture à la concurrence du marché de l'énergie, alors il en est de même pour EDF, parient les marchés financiers.

Dans le même temps, le mouvement de concentration des électriciens en Europe agitent les analystes financiers. Ceux du Crédit Mutuel CIC ont relevé ce matin leur objectif de cours sur l'action EDF à 51,7 euros contre 49 euros auparavant, au terme d'une étude où ils étudient le scénario d'un rapprochement avec Scottish Power et le jugent "crédible". "Sur la base d'une question posée mercredi à Pierre Gadonneix 'êtes vous intéressé par une contre-offre sur Scottish Power?' et sur la base de sa réponse 'nous ne pouvons rien exclure mais je ne peux pas répondre compte tenu de la spécificité de la loi anglaise sur les marchés boursiers', le marché s'est emballé sur l'idée d'une possible contre-offre d'EDF sur Scottish Power", explique le CM CIC. Le scénario d'un rapprochement "paraît très crédible et aurait même un intérêt très fort pour EDF", estime le CM CIC dans son étude, où l'analyste en charge d'EDF, Patrice Lambert de Diesbach, relève son objectif de cours à 51,7 euros contre 49 euros auparavant et maintient sa recommandation à "conserver".
Guillaume de Calignon

Chine et droits de l'homme

800cdaa77e66a8f1ff25ca9291a33cc9.jpghttp://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-839877@51-628862,0.html

Adepte du franc-parler, Claude Bébéar, le président du conseil de surveillance de l'assureur Axa, considéré comme le "parrain" du capitalisme français, a une nouvelle fois fait la démonstration de sa liberté de parole, mercredi 29 novembre, au Japon.
Lors d'un colloque organisé à Tokyo par l'association Paris Europlace avec des chefs d'entreprises japonais et français, M. Bébéar s'est livré à une critique ouverte de la Chine.

"Je pense que la Chine a beaucoup d'ennuis devant elle : d'abord, ce n'est pas une démocratie, ensuite (...), les Chinois sont très nationalistes. Ils veulent que nous leur apportions des technologies mais après cela, je ne suis pas sûr qu'ils veuillent continuer à faire des affaires avec nous", a indiqué M. Bébéar, selon des propos rapportés par l'AFP.

Estimant qu'il n'était pas dans l'intention des Chinois de faire alliance avec des investisseurs étrangers, mais plutôt de "conquérir le monde", M. Bébéar a conclu son propos par un éloge du marché japonais sur lequel, a-t-il indiqué, "nous (Axa) sommes très heureux".

La déclaration du président du conseil de surveillance d'Axa est la première critique publique émanant d'un grand patron français à l'égard de la Chine, qui n'épargne ni son régime ni son économie. Aucun membre de la délégation de chefs d'entreprises invités à accompagner le voyage officiel de Jacques Chirac en Chine, du 25 au 28 octobre, ne s'était risqué, publiquement, à de tels propos, dans un pays soucieux de son image.

D'Anne Lauvergeon, la présidente du directoire d'Areva, à Patrick Kron, le PDG d'Alstom, tous avaient souligné l'énorme potentiel du marché chinois et l'importance, pour les industriels français, d'y faire des affaires.

Chez Axa, toutefois, on minimise la portée des propos de M. Bébéar, en précisant qu'elle émane davantage du président de l'Institut Montaigne - un institut de réflexion - que du responsable d'Axa. Axa possède trois licences en Chine, pour distribuer des produits d'assurance vie, à Pékin, Shanghaï et Canton.

Quand la Chine a besoin de socialisme

db00e7cc9fd16af19ced84ef90127c3f.gifQuand la Chine a besoin de socialisme
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-838704,0.html

La plus grande inquiétude sur le futur de l'économie mondiale porte sur la relation entre les Etats-Unis et la Chine. Tout en dépend, y compris bien sûr la prospérité en Europe. Cette relation est un donnant-donnant immense, pour simplifier : "J'achète tes produits, dit l'Amérique à la Chine, finance-moi en échange."


Les Etats-Unis produisent de moins en moins, importent de plus en plus du "made in China" et le déficit commercial ne cesse de plonger. Il atteindra 7 % du PIB cette année. La Chine, "atelier du monde", exporte en masse et engrange un excédent qui atteindrait plus de 9 % de son PIB en 2006. Ce surplus est converti en achat de bons du Trésor américains ou mis en réserve. En clair, l'Américain consomme trop par rapport à ce qu'il produit et le Chinois fait l'inverse.

Voilà des années que les économistes affirment que ce "grand déséquilibre", constamment croissant, ne peut durer. Il doit conduire à une inéluctable crise du dollar qui, s'effondrant, précipitera la planète dans la récession.

Ce mauvais augure a été démenti par les faits. Le système a tenu jusqu'ici. Puis cette année, l'éclatement de la bulle immobilière américaine a engagé le début d'un mouvement de correction. Le consommateur américain se sent moins riche, consomme (un peu) moins, l'économie ralentit. Le "grand déséquilibre" mondial semble se résorber dans le calme. Tout se passe sans crash, le dollar baisse, mais doucement, la croissance américaine se replie, à 2,5 % ou 3 % en 2007, mais sans basculer dans la récession.

Encore faut-il que la Chine soit capable de faire sa partie du travail, c'est-à-dire exporter moins et, en compensation, consommer plus. Or, il ne se passe rien de tel. L'économie chinoise est toujours aussi exubérante, au rythme de plus de 10 % par an, et le moteur de la consommation y occupe une part toujours plus réduite.

La moitié du PIB venait des dépenses des ménages dans les années 1980, seulement 38 % en 2005, le plus bas niveau de toutes les grandes économies mondiales. L'exportation continue de grossir, l'excédent passera de 125 milliards de dollars en 2005 à 185 milliards en 2006, autre record mondial. Le Dragon est emballé.

RÉORIENTER LA CROISSANCE

Le monde a besoin que les autorités de Pékin parviennent à reprendre les rênes. Mais la Chine aussi, son modèle devenant de moins en moins efficace. Le moyen d'y parvenir est... une socialisation d'une large part des revenus, celle que représente les couvertures santé et retraite. La Chine a, en somme, besoin de socialisme.

Selon Nicolas Lardy (China : Toward a Consumption-driven Growth Path, Institute for International Economics), seuls 14 % des salariés chinois ont une assurance-chômage d'entreprise et seulement 11 % une assurance du système public, datant des années Mao. En 2005, seuls 17 % cotisaient pour la retraite du système public. La pension versée aux retraités est faible et la même pour tous : 20 % du salaire moyen local, quel que soit le salaire du bénéficiaire quand il était actif. Le système éducatif est désuet, l'Etat n'y consacrant plus que 2 % du PIB. Les ménages doivent compenser, cela leur coûte 4 % du PIB.

La conséquence de l'absence d'un Etat-providence est que les Chinois doivent épargner la moitié de leur revenu en moyenne pour se prémunir contre les aléas de la vie. "Chaque individu est mis dans la situation d'être son propre assureur, c'est un système très inefficace", explique Jean-Philippe Cotis, chef économiste de l'OCDE, car il engendre une spirale négative.

Que devient en effet cet argent épargné, non consommé ? Il est placé en partie à l'étranger ou en dollars. Pour l'essentiel, il est investi en usines, en routes, en ports, etc. L'investissement est devenu le moteur numéro un de la croissance chinoise. Beaucoup d'autoroutes sont vides, beaucoup de secteurs souffrent d'un excès de capacités : les aciéries, par exemple, peuvent couler 190 millions de tonnes pour une demande de 115 millions. Du coup, les prix baissent, les rentabilités s'en ressentent.

La solution est de rééquilibrer la croissance par un accroissement de la consommation des ménages. Comment ? La solution est connue : la Chine doit de toute urgence mettre en place un système de retraite et d'assurance- santé, a plaidé cette semaine, Zhou Xiaochuan, le gouverneur de la banque centrale de la République populaire.

Mais le gouvernement, qui officiellement veut réorienter le cours de la croissance chinoise depuis plusieurs années, tarde à le faire en pratique. Dans les campagnes, il a annoncé un "nouveau socialisme rural" pour maintenir le calme social : subventions aux agriculteurs, extension des soins médicaux des coopératives, aide à l'éducation. Mais les budgets réels ne sont pas au rendez-vous.

L'autre moyen d'enrichir les Chinois pour favoriser leur consommation est de réévaluer la monnaie, le renminbi. Les exportations seraient freinées un peu, les importations facilitées, les pressions inflationnistes seraient amoindries et les taux d'intérêt pourraient se réduire, ouvrant les crédits à la consommation. Mais le gouvernement est là encore très hésitant, les réévaluations ont été millimétriques.

La Chine poursuit en apparence sa brillante croissance, mais file un mauvais coton : le réglage d'une machine macroéconomique de moins en moins efficace devient chaque jour de plus en plus délicat.

Eric Le Boucher