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22.09.2007

Le nouveau populisme italien

Naissance d'un nouveau populisme italien

Rome

RICHARD HEUZÉ. Publié le 12 septembre 2007Actualisé le 12 septembre 2007 : 09h12


CET ACTEUR comique génois de 59 ans, au physique grassouillet et à la volubilité indomptable, dont le blog est l'un des plus visités d'Italie (160 000 accès par jour), se taille un franc succès avec ses attaques véhémentes et souvent ordurières contre la classe politique. Il propose de renvoyer chez eux les parlementaires tombant sous le coup de condamnations judiciaires, d'abolir les partis politiques et de limiter à deux législatures le mandat des élus.


Samedi dernier, il a tenu en haleine pendant deux heures un auditoire de cinquante mille personnes réunies sur la place principale de Bologne à l'occasion de ce qu'il a appelé le « V-Day » (« V » étant l'abrégé de « vanfanculo », une interjection particulièrement grossière). Trois cent mille personnes ont par ailleurs signé sa pétition en faveur d'une proposition de loi populaire visant à limiter à deux législatures la durée du mandat parlementaire.


Selon lui, vingt-cinq députés condamnés en justice siègent au Parlement. Tandis que 40 % des sénateurs et 30 % des députés ont déjà franchi le cap des deux mandats.


« La gauche pire que la droite »


Beppe Grillo s'en prend à tout et à tous. À la droite, qu'il juge un « ramassis de délinquants ». À la gauche, qui est « pire que la droite ». Aux partis, qui sont « un cancer de la démocratie ». Aux grandes entreprises, qu'il accuse d'être dirigées par des « voleurs et des fils de p... ». Aux intellectuels, qui ont « le coeur à gauche et le portefeuille à droite ». À la presse, qui « met en scène avec complaisance le petit théâtre de la politique ». À Walter Veltroni, qui brigue la direction du nouveau Parti démocratique (gauche modérée) : « Il dit tout et le contraire de tout. » Au juriste bolognais Marco Biagi, assassiné en mars 2002 par les Brigades rouges, dont il compare la loi sur le travail à « un bubon ». Pas même le cinéaste Nanni Moretti, dont les rondes citoyennes des années 2002-2003 préfiguraient déjà le populisme, ne trouve grâce à ses yeux : « Une fois pompé par les journaux et la télévision, il a disparu. »


Il se défend d'une quelconque ambition politique. Fonder un parti ne lui viendrait jamais à l'esprit : « Je suis seulement un détonateur... le trait d'union du sentiment populaire. »


«Expulser les condamnés »


Le président de la Chambre des députés, le communiste Fausto Bertinotti, lui reconnaît une certaine utilité : « Quand la politique laisse des espaces vides, il est normal que quelqu'un en profite pour les combler. » Le ministre des Travaux publics, Antonio Di Pietro, autrefois grand accusateur du pool anticorruption du parquet de Milan, lui donne raison : « Les condamnés doivent être expulsés du Parlement. »


En revanche, tous les autres hommes politiques, de gauche comme de droite, condamnent sa dérive populiste. À commencer par Piero Fassino et Massimo D'Alema, les deux leaders du Parti des démocrates de gauche (DS, ex-PCI). Un magistrat demande leur mise en accusation à propos d'une sombre magouille destinée à fusionner une grande banque et une compagnie d'assurances. Les écoutes téléphoniques tendraient à les faire soupçonner d'ingérence en faveur d'un escroc. Ils s'en défendent, et le Parlement devrait rejeter la demande du magistrat.


« Les partis sont devenus impopulaires. Les citoyens sont visiblement mécontents. À qui la faute ? En ce qui me concerne, je ne m'en sens pas accusé », dit Piero Fassino.


Cette crise de la représentation politique profite davantage à la droite. Selon les sondages, elle devance de sept points la gauche. L'institut Euromedia accorde même 63 % des intentions de vote à Silvio Berlusconi, contre 23 % pour Romano Prodi.

15.09.2007

Aux Armes!

http://www.monde-diplomatique.fr/2007/09/LEMOINE/15075

Aux armes !

Pluie d’armes américaines sur le Proche-Orient ! La valeur des livraisons devrait atteindre 46 milliards d’euros au cours des dix prochaines années, a précisé la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice, le 2 août. Bénéficiaires : l’Arabie saoudite, l’Egypte, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, Oman et les Emirats arabes unis, alliés de M. George W. Bush dans la région. La fourniture de matériel sensible à l’Arabie saoudite inquiète-t-elle Israël ? Le 15 août, Washington augmente de près d’un quart l’aide militaire américaine à Tel-Aviv ; elle atteindra 30 milliards de dollars sur dix ans.

Le 7 décembre 2006, une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies, adoptée par cent cinquante-trois Etats, a autorisé la préparation d’un traité sur le contrôle des transferts d’armements dits « conventionnels », jusqu’ici privés de cadres normatifs. Vingt-quatre pays se sont abstenus lors de ce vote, parmi lesquels la Chine, la Russie, l’Inde, l’Iran, Israël et le Pakistan. Un seul a voté contre : les Etats-Unis. Le Conseil de l’Union européenne a publiquement soutenu cette résolution.

Au même moment ou presque, Paris signe avec Tripoli d’importants contrats : 168 millions d’euros pour l’achat par la Libye de missiles antichars Milan (qui équipent déjà les forces de quarante et un pays) à MBDA (1) ; 128 millions d’euros pour un système Tetra de communication radio à European Aeronautic Defence and Space (EADS). « Qu’est-ce qu’on va me reprocher ?, s’insurge le président Nicolas Sarkozy. De trouver des contrats ? De faire travailler les entreprises françaises (2) ? » Pas forcément, mais l’opacité dans laquelle se déroule ce commerce de mort sur lequel la représentation nationale n’a aucune prise. Et l’entretien d’une dangereuse dynamique guerrière... La France devrait vendre pour plus de 6 milliards d’euros d’armes à l’étranger en 2007 — contre 3,38 milliards en 2004 —, déclarait, le 18 septembre 2006, un porte-parole de la délégation générale pour l’armement (DGA).

Les membres de l’Union européenne sont en principe contraints de respecter un code de conduite qui leur interdit, en particulier, de nourrir des conflits existants. Mais, pour des raisons de gains de productivité, peu d’armes modernes sont désormais fabriquées en un lieu unique. Ainsi, des entreprises européennes – comme EADS – et américaines fournissent des pièces et de la technologie pour le développement du nouvel hélicoptère de combat chinois Z-10, sans savoir quelle sera la politique d’exportation de Pékin – qui a déjà fourni des appareils militaires au Soudan (3).

Le négoce pyromane des Etats-Unis au Proche-Orient provoque la réaction de la Syrie et de l’Iran, qui pourront toujours se tourner vers la Chine ou la Russie, entrées en force sur le marché. Le Niger s’inquiète des « cadeaux » de la France à la Libye – qui revendique depuis quelques mois 30 000 kilomètres carrés de territoire nigérien riches en pétrole et en uranium. Particulièrement gâté par la Maison Blanche, Israël ne se contente plus d’importer : il est devenu le premier fournisseur d’armes de la Colombie. Dont la puissance de feu, ajoutée à l’hostilité de Washington, préoccupe Caracas, qui se tourne vers Moscou pour moderniser son armement. D’autres vendeurs émergent : l’Inde, la Corée du Sud, l’Afrique du Sud... Jamais ce secteur d’activité n’a été aussi florissant. Les dépenses pour ce type de matériel devaient atteindre le montant sans précédent de 1 058,9 milliards de dollars à la fin 2006 (4).

La « morale » de cette histoire ? Il n’y en a évidemment pas. Ah, si ! Le Pentagone a perdu la trace de cent dix mille fusils d’assaut Kalachnikov et de quatre-vingt mille pistolets (sans parler de cent trente-cinq mille gilets pare-balles) remis au gouvernement irakien en 2004 et 2005 (5). Il n’est pas impossible que ces armes soient tombées aux mains des insurgés et servent à attaquer les militaires... américains.

Maurice Lemoine.

La petite fille de Staline

Une petite-fille de Staline, Galina Djougachvili, est décédée le 27 août à l'âge de 69 ans.

Fille de Iakov Djougachvili, fils aîné de Staline, et de la danseuse Ioulia Meltzer, Galina est née à Moscou. Elle a terminé la faculté de philologie de l'Université d'Etat Lomonossov puis a soutenu sa thèse. Parlant couramment français, elle a travaillé à l'Institut de la littérature mondiale. Elle a également écrit trois livres ainsi que des mémoires, intitulés "Petite-fille du chef: grand-père, père, Ma et d'autres".

Elle a vu son père pour la dernière fois lorsqu'elle avait trois ans, avant qu'il parte pour le front. Peu après l'annonce de sa capture par les Allemands en 1941 (à l'époque, la capture était considérée comme un crime et une trahison), Ioulia Djougachvili, la mère de Galina, a été arrêtée. Staline voulait ainsi donner à comprendre une fois de plus que les membres de sa famille étaient des citoyens de l'Union soviétique comme les autres. L'épouse de Iakov Djougachvili a passé 18 mois en prison, à Moscou puis à Engels, et en est sortie avec des cheveux blancs.
Galina Djougachvili a eu pour mari un mathématicien d'Alger, expert de l'ONU pour les situations d'urgence.

Voici ce qu'elle racontait elle-même: "Nous sommes mariés depuis 37 ans, dont 7 ans ont été passés à obtenir l'enregistrement de notre mariage. Mon mari est originaire d'Algérie... Je voulais, bien entendu, visiter son pays. Mais avec mon nom de famille, c'était impossible. Par l'intermédiaire de nos amis, nous avons réussi à remettre une lettre entre les mains de Iouri Andropov [chef du KGB]. C'est le KGB qui contrôlait tout à l'époque. Celui-ci a réagi rapidement, en disant: "Mes gaillards s'en occuperont". Les "gaillards" andropoviens ont ordonné au bureau de l'état civil d'enregistrer notre mariage, mais à une condition: Galina Djougachvili et son fils ne devaient jamais quitter l'URSS".

Galina n'a pu rejoindre son mari pour la première fois que pendant la pérestroïka, lorsque les Russes ont été autorisés à partir à l'étranger.
C'est elle qui a décidé de ne pas changer de nom. "Ce serait une traîtrise envers mon grand-père et mes parents. Staline est mon unique grand-père. L'autre, du côté maternel, est mort avant ma naissance. Staline est mon grand-père, son sang coule dans mes veines. Comment puis-je ne pas l'aimer?", disait-elle en soulignant qu'elle était fière de sa parenté.
Ces derniers temps, le nom du fils aîné de Staline était au centre de discussions entre historiens et experts russes, dont certains sont convaincus que la capture de Iakov par la Wehrmacht était un canular du renseignement allemand pour tenter de mettre Staline sous pression. C'est notamment l'avis de l'historien Sergueï Deviatov, qui a exposé cette hypothèse pour la première fois en avril dernier, lors d'une table ronde consacrée à la déclassification d'archives du Service fédéral de sécurité (FSB, ancien KGB).

Galina a consacré la presque totalité des cinq dernières années de sa vie à défendre cette hypothèse, contraire à la version officiellement admise selon laquelle le lieutenant-chef Iakov Djougachvili, commandant d'une batterie d'artillerie, a été capturé en juillet 1941 près de Vitebsk et est resté dans les camps nazis jusqu'en 1943.

La petite-fille de Staline affirmait que les dix photos publiées par les Allemands pour prouver la capture de Iakov avaient été fabriquées par photomontage, avec de nombreuses retouches et des images spéculaires. Toute cette histoire ne serait qu'une "provocation à grande échelle tramée par les Allemands qui cherchaient avant tout, bien évidemment, à porter un coup au grand-père [de Galina Djougachvili]". Selon la petite-fille du dictateur, son père a été tué dans un combat à la mi-juillet 1941.

Article rédigé par la rédaction Internet du site www.rian.ru sur la base des dépêches de l'agence RIA Novosti et à partir d'autres sources.

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