27.07.2007
Ecole
La baisse du niveau est la recette assurée pour le succès d’un hebdomadaire. En fait, si les élèves d’aujourd’hui ne se souviennent pas de la date de Marignan et font beaucoup de fautes d’orthographe (deux fois plus qu’il y a 20 ans), leurs connaissances ont fait d’énormes progrès en matière de géographie économique, de sciences sociales, ou encore en mathématiques.
Une demande sociale qui a changé Les difficultés d’une partie de la population scolaire, marquée par la montée des violences et la sortie sans diplômes de plus de 100 000 élèves par an, provoque aujourd’hui débat car auparavant ce problème ne se posait pas : Beaucoup d’enfants, aux origines modestes, n’accédaient pas à l’enseignement secondaire, ce qui a changé avec la réforme Berthouin de 1959 qui fixe la scolarité obligatoire à 16 ans. Ensuite, les connaissances et les compétences demandées par la société actuelle ne sont pas les mêmes qu’il y a quelques dizaines d’années. De la maîtrise de l’orthographe, de la répétition et de la mémorisation on est passé à l’argumentation et à l’analyse critique d’un document, de la connaissance par cœur des dates et des préfectures, on est passé à la compréhension du monde actuel et à l’apprentissage du vivre-ensemble.
Massification ne veut pas dire démocratisation ! 15 000 en 1930, 150 000 en 1973, les bacheliers sont 520 000 en 2007, avec plus de 60% d’une classe d’âge, on peut parler d’une certaine démocratisation de l’accès au bac et même à l’enseignement supérieur. Mais aujourd’hui tous les bacs ne sont pas égaux, ne permettent pas le même choix, le même accès aux filières sélectives, et enfin la part des fils de cadres (40%) dans les filières scientifiques des lycées et celle des fils d’ouvriers (26%) dans les filières professionnelles montre que les inégalités sont toujours très fortes et la reproduction sociale, inacceptable, en France. En effet, les fils d’ouvriers représentaient 32% des effectifs de sixième, et les fils de cadres, 12%.
Sortons de l’école élitiste, allons vers une école citoyenne ! Notre école, massifiée et partiellement démocratisée, est toujours une école d’élite qui met de côté progressivement les élèves qui ne correspondent pas aux critères d’une filière générale dite classique qui mène à des études longues. Elle repose sur une évaluation qui stigmatise forcément les plus faibles sans se soucier de noter la progression, sans aucun but d’apprentissage (évaluation sommative et non pas formative). L’école citoyenne que nous devons construire forme les enseignants pour s’adresser à tous les élèves dans leur hétérogénéité et se donne pour objectif d’assurer une sortie qualifiante choisie librement à tous les élèves. Cette école citoyenne n’exclut pas et ne sélectionne pas, elle favorise l’émancipation des élèves au-delà de leurs origines sociales par l’apprentissage de compétences telles que l’analyse critique, et de savoirs et de techniques aptes à assurer leur insertion sociale.
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