18.07.2007

Un peu de democratie bordel de cul!!

Depuis des mois, la competition entre Ségolène Royal, François Bayrou, Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen faisait rage. De coup bas en coup bas, la campagne rentrait dans un sorte de politique show qui ne s'intéressait qu'aux « points de détails »( non de l'Histoire mon cher Jean-Marie) mais des programmes, ce qui, il faut bien le dire, n'intéressait pas grand monde. Les seuls sujets dont les médias nous parlaient étaient le nombre de sous-marins nucléaires d'attaques possédés par la France, la bravitude et autre taille du bikini de Royal ou relations extraconjugales de Cécilia...Si bien que toute discussion sur le fond était abandonnée.
Peu de personnes ont réellement voté pour des idées, la plupart ont voté pour une personne. Et c'est là le principal problème de notre système : la cinquième république met toujours en avant un homme (De Gaulle, Mitterrand, Chirac...), elle s'assure de la stabilité des institutions sans s'occuper des conséquences peu démocratiques qu'elle engendre. Les images jouent le rôle que devraient jouer le projet des candidats ; elles s'imposent à nous et nous influencent. Les médias se font un plaisir de transformer une campagne présidentielle en people life (comme ont si bien sur le faire Paris Match and Co). La campagne était devenue un grand mélodrame sans intérêt! Juste besoin de regarder comment se sont déroulés les derniers mois de campagne calamiteuse....
Alors que Jospin en 2002 avait voulu faire une campagne de fond, expliquant son projet, la population lui avait (très clairement) reproché son côté trop technique et trop froid. Cette année, au contraire, la campagne n'a pas fait dans la dentelle et dans la finesse : plus que jamais, la monarchie républicaine a sacralisé un homme, et non une idée.
Plus que jamais, elle a créé un système qui agit en dehors de la réalité et de l'intérêt des Français.

Et, ce qui est sûrement le signe le plus fort du mal-être de notre démocratie, les Français ont apprécié ce type de campagne, ils ont accepté que la peoplisation de la vie publique se fasse ; ils ont entériné par un accord massif le manque de fond omniprésent de cette campagne. Là où on aurait pu s'attendre à un vote alternatif, qui aurait voulu mettre un stop net à l'américanisation de notre système; là où on attendait un vrai retour à la démocratie, et non à des liens douteux entre la politique et les médias dignes de Berlusconi et de Fini ; la France s'est décidée : ce sera Nicolas, Paul, Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa. Les 83,77% de vote auraient pu montrer le regain de confiance des Français en la démocratie; ils ont au contraire montré toute l'omnipotence du système médiatique.
Le quatrième pouvoir est dorénavant à la plus haute échelle du politique. Après la rencontre musclée d'Edouard Herriot avec le mur d'argent et les milieux bancaires dans les années 1920, on assiste maintenant à la rencontre sournoise (mais tout en douceur) de la démocratie et du système médiatique : le mur de l'image et des médias vide la démocratie de tout sens.
La France a choisi de rester dans ce système aveugle ; elle a choisi de faire la politique de l'autruche. L'ami des médias est dorénavant présent à la tête de l'exécutif. Martin Bouygues qui dirige l'entreprise « familiale » ( Bouygues, composé de TF1, LCI et d'autres petits journaux à côté comme Métro ( journal décliné dans plus de 10 langues à l'international ) ) est aussi témoin de mariage de Nicolas, parrain du fils du nouveau président, et l'un de ses plus gros soutiens de campagne ; Patrick Le Lay (président-directeur général de TF1 )avoue quant à lui que le boulot de TF1 est de « vendre du temps de cerveau humain disponible »; Serge Dassault, lui aussi patron de la « petite entreprise familiale », député UMP, dirige quant à lui la Socpresse (Figaro and co) ; Lagardère ne possède quant à lui que Europe 1, Le Journal du Dimanche, Paris Match, Corse Matin, La Provence, Nice-Matin et Var-Matin et son amitié avec Sarkozy n'est plus à prouver... Les exemples pourraient encore continuer longtemps sur les liens entre le nouveau président et les médias ; mais cela serait sans grand intérêt ; et cela ne ferait que confirmer ce que nous savons déjà tous : les médias constituent le nouveau pouvoir de système, et c'est aussi le seul pouvoir que le peuple ne dirige pas !
La démocratie correspond à un choix libre et volontaire du peuple qui veut garder le pouvoir; elle ne doit pas être l'objet qui permet la « vente du temps de cerveau humain »; elle ne se vend pas aux médias, elle n'abandonne pas les débats pour se mettre au people, et elle n'appartient pas au monde des affaires, ni aux grands groupes ni aux grandes familles.
Face à une droite décomplexée, le 10 et 17 Juin, lors des élections législatives, réimposons la suprématie de la politique sur les médias !

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